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Saurons-nous saisir les opportunités ?

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La crise du covid-19 a révélé de nombreuses failles, aussi bien dans les lourdeurs administratives de nos institutions, notre dépendance vis à vis de ressources essentielles, etc.

En ce début de dé-confinement, ces failles ne pourront que s’amplifier avec une crise économique déjà engagée, si l’analyse de ces failles se résume à des querelles politiciennes qui ne manqueront pas de resurgir. Avec l’horizon 2022, c’est inévitable puisqu’elles ne manqueront pas d’alimenter copieusement l’argumentation des oppositions diverses. Le refrain est archi connu, toujours promu par la quête du pouvoir avec des listes de promesses aussi alléchantes qu’inappliquées ensuite …

Pourtant, de nombreuses initiatives ont émergé avec bon sens et pragmatisme afin de gérer concrètement les situations sur le terrain. Nombreuses également sont celles qui ont été saluées en reconnaissant qu’elles mériteraient de perdurer.

Alors, n’est-ce pas une occasion unique qui se présente pour prendre un peu de recul, afin de fixer un cap permettant d’envisager l’avenir avec espoir, plutôt que de reprendre la sempiternelle course en avant ? Auquel cas, qu’elle qu’en soit la nature : politique, économique, sanitaire ou sociale car tout est lié, la prochaine crise ne saurait se faire attendre …

L’Intelligence Artificielle peut être mise à contribution dans de nombreux domaines, mais elle doit faire l’objet d’explications et de concertations car elle peut vite dériver (c’est déjà le cas) sur la compromission de nombreuses libertés en l’absence d’un minimum d’éthique. Il existe pourtant de très nombreuses pistes qui s’offrent à nous, en commençant par celles qui se sont quasiment imposées :

  • Le télétravail étant donné les limitations déplacements

  • La remise en état du système sanitaire

  • La revalorisation des métiers essentiels

Le télétravail

Cette façon de travailler existe de puis le début des années 2000, avec l’arrivée des connexions rapides ADSL. Elle est parfaitement adaptée aux métiers reposant sur l’utilisation intensive d’un ordinateur de manière sédentaire. Pourtant, peu d’entreprises on fait ce choix, le plus souvent en raison de décideurs hiérarchiques au profil “petit chef” qui se sent menacé de perte d’autorité, avec les arguments de type : manque de contrôle, temps de travail invisible, risque d’isolement, etc. La réalité de cette solution est pourtant à l’opposé et va même bien plus loin. Il en effet très facile de voir si un utilisateur est efficace si on raisonne en objectifs et non pas en temps de présence. Est-on vraiment productif dans les transports ?

Le temps de trajet moyen augmente régulièrement

De même, l’argument de l’isolement est tout aussi infondé car les outils de réunion en lignes autorisent aujourd’hui une véritable productivité d’une part et que cela n’empêche absolument pas de prévoir des temps de présence lorsque c’est nécessaire. De plus, il n’est pas rare que des employés situés dans un même couloir communiquent uniquement par e-mail ou par téléphone. Autre argument non négligeable en faveur du télétravail : un potentiel significatif de gain de coûts de loyer, avec des espaces plus petits mais mieux aménagés.

Les horaires

Lorsque la présence en entreprise est nécessaire, est-il vraiment utile de planifier toutes les arrivées entre 8 et 9H00 le matin et les départs autour de 17h30 le soir ? Il ne s’agit pas d’organiser des roulements déjà en place dans nombreux secteurs d’activités industriels, ni même de généraliser le système de pointeuse déjà présent lui aussi depuis longtemps dans la plupart des grandes entreprises, mais de laisser plus de souplesse dans les horaires afin d’étaler les flux de déplacements dans la journée. La démarche est similaire : il s’agit de raisonner avec des objectifs dans les tâches à accomplir et non pas en temps de présence dans une plage horaire fixée.

Nos habitudes de consommation

En dehors de la consommation d’alcool et de tabac qui est soumis à quelques réglementations, elles ne peuvent pas être dictées par le gouvernement dont l’économie en dépend, avec toutes les taxes associées, notamment sur le carburant. Or, il se trouve que cette période de confinement a été l’occasion de réaliser que beaucoup de choses essentielles, avec de véritables relations humaines, peuvent être réalisées avec un peu de temps, que beaucoup d’endroits en France sont magnifiques, etc. Alors, avec ce laps de temps propice à la prise de recul et à la réflexion, quelques questions méritent d’être posées. Par exemple, est-il encore raisonnable de :

  • Prendre l’avion pour un Week-end ?
  • De prendre l’option de livraison en 24H00 chez Amazon ?
  • D’acheter systématiquement le dernier iPhone ?
  • De consommer des fruits et légumes hors saison toute l’année ?
  • De consommer des boissons conditionnées dans des bouteilles en plastique ? Une tasse laissée au bureau permet par exemple d’éviter les gobelets en plastique pour la café.
  • Sans même parler de devenir Vegan, de manger de la viande rouge tous les jours ? Il n’est pourtant pas très difficile de réduire progressivement ce type de consommation, en la remplaçant avec de la viande de volaille de bonne qualité et des quantités de plus en plus petites …
  • De penser recyclage plutôt que jetable ?

Plus basiquement encore : est-ce raisonnable de :

  • Sans même parler de Vegan, de manger de la viande rouge tous les jours ?
  • D’accélérer d’un feu rouge à un autre ?
  • De s’engager dans un carrefour en cas de bouchon quelques mètres plus loin, si on bloque les voies transverses ?

Privilégier les circuits courts

Toujours en raison des limitations de déplacements qui se sont imposées, nombreux sont ceux qui ont découvert les produits frais d’excellente qualité proposés par les petits producteurs, toujours prêts à répondre aux attentes malgré les contraintes. En métropole, c’est bien entendu plus difficile à réaliser, mais les circuits d’approvisionnement peuvent se raccourcir si la demande de ces produits s’exprime suffisamment, d’autant que la suppression des intermédiaires permet d’améliorer la rémunération des producteurs, sans nécessairement impacter le coût d’achat.
Dans le même esprit, de nombreux pays ont commencé à créer des monnaies locales, parallèles aux monnaies officielles, afin de privilégier et favoriser les échanges commerciaux locaux, avec des frais de gestion réduits.

Revaloriser les métiers essentiels, notamment l’artisanat

Le sujet est vaste, tellement vaste puisqu’il prend ses racines dans l’éducation nationale. Force est de constater que la plupart des réformes, quel que soit le gouvernement en place, se font sur la forme et non pas sur le fond. Ne faudrait-il pas, pour commencer, repartir des fondamentaux, avec le pragmatisme du terrain, inconcevable par nos gouvernants, en développement les marchés, de taille réduite mais plus fréquents, non seulement alimentaires afin de mettre en valeur les agriculteurs et les petits producteurs, mais aussi les artisans par domaines tels que l’habitat notamment avec les solutions d’isolation et de sources d’énergies mieux contrôlées, l’ameublement, la cosmétique à base de produits naturels, etc. Il existe déjà de nombreux de salons-expositions sur ces thèmes en périphérie des métropoles, mais dont la taille et l’accès ne favorise guère la découverte de tous les exposants et encore moins de leur travail.

En résumé : vivre mieux avec moins, penser qualité et non pas quantité, retrouver le temps de faire les choses réelles, …