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Covid et Darwinisme

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La crise du Covid s’est brutalement superposée à la crise économique-sociale-culturelle préexistante, mais pas pour tout le monde. Les inégalités ont été non seulement révélées, mais très fortement accentuées qui plus est, comme nous avons pu l’entendre avec l’illustration de la lettre K.

Toute crise (financière, guerre, sanitaire, environnementale, etc.) a bouleversé les choses prétendument établies et se sont souvent traduites par des avancées technologiques déterminantes pour l’humanité.

Si le regard et l’analyse du passé est essentiel pour mieux anticiper l’avenir, un nouvel acteur déterminant s’est imposé ces dernières décennies, qui rend les prévisions de plus en plus incertaines. Il s’agit bien entendu du numérique.
En, cette fin d’année 2020, certaines tendances se dessinent néanmoins en affinant quelque peu la lettre K en la remplaçant par la lettre X afin d’obtenir quatre grands axes sectoriels :

  1. Le numérique : le grand gagnant.
  2. Les services dématérialisés (grandes entreprises, administrations).
  3. Les services à interactions sociales : le grand perdant.
  4. Le reste, qui comprend quelques gagnants comme la grande distribution commerciale au détriment des petits commerces et de nombreux perdants (déplacements, restauration, culture et loisirs vivants).

Le numérique

Tout était déjà prêt. Les GAFA ont en effet profité de la crise des subprimes en 2008 pour lancer l’IA (Intelligence artificielle) sans attirer la moindre attention. Autrement dit, ils étaient capables d’étendre et d’imposer quasiment la dématérialisation par des services quasiment invisibles, intégrés notamment dans les smartphones récents. Une véritable manne !

C’est malheureusement irréversible ! Le débat suscité par la 5G est vain. Le numérique ne cesse de faire des conquêtes dans tous les domaines, notamment dans le médical. Le seul choix réellement possible reste celui du des services souscrits, qui devrait se faire en toutes connaissances de causes en fonction de l’intérêt du service.

Les services dématérialisés

C’est également le numérique qui permet aujourd’hui de faire du télétravail, qui impacte directement le deuxième secteur.

Au début du 20ème siècle, à l’aube de l’ère industrielle, les conditions de vie sont difficiles, mais les ouvriers vivent sur leur lieu de travail. La vie de famille est encore une réalité. Avec la révolution industrielle des années 30, les usines attirent la main d’œuvre. Les familles sont séparées géographiquement. La partie administrative (gestion, logistique, etc.) suit le mouvement. Internet accélère ensuite les choses, à tel point que la mobilité devient banale (faire un aller-retour dans la même journée en avion pour participer à une réunion de 2H00 devient normal pour un cadre). Bien que le télétravail soit devenu possible depuis le début des années 2000 avec l’arrivée de l’ADSL, les habitudes de déplacement, ne changent guère. Le temps perdu (10h00 hebdomadaires pour un « banlieusard » de la région parisienne) est tout simplement accepté voire occulté.

Survient la crise du covid : la solution s’impose pour tous ceux qui le peuvent (idem pour le système scolaire). Les nombreuses réticences typiques de la hiérarchie des entreprises française commencent à s’assouplir, notamment lorsque la deuxième vague est annoncée officiellement début novembre.

La crise force donc les choix mais ceux qui ont anticipé sont les gagnants. Chez les GAFA, c’est la fête. Chez Microsoft par exemple, les salariés sont autorisés à télétravailler de manière permanente. La productivité est encore améliorée (plus de perte de temps dans les transports, disponibilité sans contraintes horaires, etc.). Dans d’autres secteurs, l’adaptation aux changements est plus difficile, trop souvent en raison des réticences de la hiérarchie. Ce sont les perdants en devenir dans les secteurs concurrentiels.

Repère : Le CA 2020 d’Amazon dépasse les 1000 Milliards, soit plus de deux fois le PIB de la Belgique :

L’année folle du géant mondial du commerce

L’immobilier

Autre grand gagnant de la crise Covid, le secteur de l’immobilier explose. Le mouvement de convergence vers les métropoles s’est inversé. On cherche à s’installer en province où les prix sont sans commune mesure, aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises. Parmi ces dernières, nombreuses sont celles qui libèrent leurs bureaux, notamment dans le cas des open spaces. Le phénomène en renforcé à Paris avec les mesures prises par Madame Hidalgo qui rend l’accès à la capitale de plus en plus difficile. Les heureux Parisiens qui resteront doivent donc s’attendre à en payer le prix, d’autant qu’il ne faut pas oublier la préparation des jeux olympiques, avec ses multiples chantiers plus ou moins ralentis par la crise.

Bon nombre de cadres restent ainsi pleinement opérationnels en télétravail et n’hésitent pas à franchir le pas de s’installer dans des régions éloignées des métropoles afin de gagner en qualité de vie, allant parfois jusqu’à se reconvertir vers des métiers ayant du sens, quitte à perdre en rémunération.

Cette migration interne peut donc s’avérer positive pour les régions, tandis que les métropoles, Paris en tête de liste pourraient bien se transformer en villes musées.

Les secteurs liés aux déplacement

C’est l’un des secteurs les plus impactés, qui comprend aussi bien l’aviation que l’automobile en faveur des moyens de déplacements courts (vélo, trottinettes, etc.). Même en cas de reprise, les déplacements devront être repensés, avec beaucoup moins de déplacements professionnels. Les déplacements à l’étranger seront également considérablement réduits, en faveur des des régions et des provinces qui en ont bien besoin. Les ramifications de ce secteur étant multiples, il doit aussi prendre en compte l’impact écologique du tourisme de masse (Venise illustre parfaitement le problème).

Les secteurs liés aux interactions sociales

Et voici maintenant les grands perdants. Innombrables. Est-ce que ceux qui ont résisté à la première vague, malgré les aides (les Mds d’€ tombent du ciel alors que l’endettement de l’état est euphémisme), pourront résister à la deuxième ? Rien n’est moins sûr. Quelques-uns, les plus agiles, sauront s’adapter, mais la plupart rejoindront le rang des Gilets jaunes, dont la couleur pourrait tourner au rouge si la crise sanitaire et économique se transforme en crise sociale.

Le reste

Voici la zone obscure de la crise. Celle qui passe sous les radars des statiques officielles. La précarité, combinée au problème d’immigration sans aucune intégration n’est pas nouvelle. La crise sanitaire vient enfoncer le clou. Les petites structures (commerçants, artisans, indépendants) où se logent l’essentiel des forces économique actives se voient contraintes de réduire, voire de stopper leur activité.

Une nouvelle classe, pressentie par Christophe Guilluy dans son ouvrage “La France périphérique” est ainsi en train de se former : celle qui ne croit plus à la politique. Celle du terrain. Celle du peuple qui n’écoute plus les discours, encore moins s’ils sont prononcés par des “experts”.

Repère :

Taux de PME-TPE en 2020

Taux de chômage fin 2020

Taux d’immigration officiel

Conclusion

La crise de Covid bouleverse tous les secteurs d’activités autant que nos habitudes sociales. Comme dans toute crise, il y a ceux qui sont du bon côté, notamment dans les domaines liés au numérique. De l’autre, beaucoup plus nombreux seront ceux qui ne pourront pas s’adapter …